Le front de mer du Touquet a longtemps vécu au rythme des toboggans et des cris joyeux venus d’une pyramide de verre posée face à la Manche. L’Aqualud a marqué des générations de familles du Nord et du Pas-de-Calais avant de fermer ses portes en 2019. Sept ans plus tard, le terrain reste vide, coincé dans un contentieux juridique qui semble ne jamais devoir se dénouer. Pendant ce temps, la station cherche une nouvelle façon de proposer des loisirs aquatiques à ses visiteurs, loin de la plage cette fois. Entre nostalgie tenace et solutions de remplacement, le dossier du parc aquatique du Touquet illustre bien les tensions actuelles entre patrimoine touristique, réglementation du littoral et attentes des familles en vacances.
Le contentieux foncier qui bloque la renaissance de l’Aqualud
Beaucoup de parents tapent encore « Touquet parc aquatique » dans leur moteur de recherche, espérant retrouver un grand complexe couvert semblable à celui qu’ils ont connu enfants. La réalité administrative racontée aujourd’hui est bien différente de ce souvenir. Le site historique de l’Aqualud est aujourd’hui un terrain à l’abandon, sécurisé par la mairie mais toujours grevé de procédures.
Un terrain rendu à la ville mais chargé d’obstacles juridiques
L’ancien exploitant, la société LB Investissement, a quitté les lieux en 2019 sans laisser de plan de reprise. Le tribunal de commerce de Poitiers a depuis validé une créance dépassant 11 millions d’euros que cet ancien gestionnaire doit désormais à la ville. La commune est redevenue officiellement propriétaire du foncier en mars 2025, mais elle a dû assumer seule les frais de mise en sécurité d’un site laissé à l’abandon pendant plusieurs années.
Un projet d’hôtel haut de gamme avait un temps été envisagé pour occuper cet emplacement stratégique. Six recours ont cependant été déposés contre ce montage, et la liquidation judiciaire de l’exploitant a fini par geler toute avancée concrète. Le dossier illustre à quel point un équipement touristique peut disparaître non pas faute de public, mais à cause d’une accumulation de blocages administratifs.
La loi Littoral, frein durable à toute reconstruction
Trois obstacles majeurs empêchent aujourd’hui une reconstruction rapide sur ce terrain emblématique. Le premier tient au bail à construction qui liait la ville à l’ancien concessionnaire, dont les effets juridiques perdurent malgré la liquidation. Le second concerne la loi Littoral, qui limite fortement les possibilités de bâtir sur le front de mer et que la municipalité semble avoir sous-estimée lors des premières esquisses de projet. Le troisième obstacle, plus conjoncturel, tient à l’absence de repreneur solide depuis le retrait d’un groupe espagnol qui avait un temps racheté l’exploitation du parc.
La ville a d’ailleurs acté la démolition de la pyramide de verre, symbole visuel de l’ancien Aqualud, pour envisager un autre visage pour cette portion de littoral. Aucun équipement aquatique couvert n’est donc attendu à court terme sur cet emplacement historique.

L’Aqua’Parc du Laby’Parc, nouvelle réponse aquatique au Touquet
Face à ce blocage prolongé, une offre alternative a émergé, mais pas à l’endroit attendu par les habitués. L’Aqua’Parc du Laby’Parc est annoncé à partir du 30 mai 2026, intégré à un parc de loisirs déjà existant, situé en retrait de la plage.
Un concept multi-activités loin du modèle historique
Le fonctionnement diffère radicalement de celui de l’ancien Aqualud. Là où le parc historique proposait une vaste structure couverte, avec toboggans et bassins chauffés sous une verrière, le nouveau concept s’inscrit dans une logique de sortie familiale combinant plusieurs activités. L’accès au Laby’Parc constitue la base de la visite, l’option aquatique venant s’ajouter en supplément plutôt que de constituer l’attraction principale.
Ce basculement traduit une tendance plus large observée dans plusieurs stations balnéaires : le passage d’un équipement aquatique couvert autonome vers des loisirs de plein air combinés. D’autres destinations françaises suivent une logique comparable, à l’image des piscines familiales aménagées à Nice, qui misent elles aussi sur la polyvalence plutôt que sur un seul grand complexe.
Ce que cela change pour l’organisation des familles
Le positionnement géographique du nouvel espace modifie la logique de visite. L’Aqualud se rejoignait à pied depuis la plage et les hôtels du front de mer, ce qui permettait une demi-journée spontanée entre bain de mer et toboggans. Le Laby’Parc, lui, nécessite un déplacement en voiture, ce qui transforme une envie de dernière minute en sortie à planifier.
Pour les familles habituées à combiner plage et parc aquatique dans une même journée, cette rupture de proximité est bien réelle. Le Touquet demeure une station balnéaire très fréquentée, mais l’absence d’infrastructure aquatique couverte directement sur le littoral constitue désormais un fait durable, à intégrer dans la préparation du séjour.
Le Touquet 2026 : mémoire de l’Aqualud et nouvelles pistes de loisirs
Au-delà des questions foncières, l’Aqualud continue d’occuper une place particulière dans la mémoire collective des vacanciers du Nord. Ce lien affectif explique en partie pourquoi tant de familles cherchent encore aujourd’hui une équivalence directe à ce qu’elles ont connu.
Une nostalgie toujours vivace chez les visiteurs
Un média régional a récemment lancé un appel à témoignages auprès des anciens visiteurs du parc, signe que l’Aqualud n’a jamais quitté les conversations familiales. Ouvert en 1985 autour d’un ancien plongeoir datant des années 1930, préservé lors de la construction, le complexe avait réussi à donner au Touquet une image familiale, complémentaire de sa réputation de station chic.
Le rachat par un entrepreneur local avait permis de redresser une fréquentation d’abord décevante, la faisant passer de 110 000 visiteurs en 1997 à plus de 200 000 par an à son apogée. La revente ultérieure à un groupe étranger a marqué le début d’une spirale de difficultés qui a fini par conduire à la fermeture définitive du site en 2019.
| Critère | Aqualud (jusqu’en 2019) | Aqua’Parc du Laby’Parc (2026) |
|---|---|---|
| Emplacement | Front de mer, accès à pied | Retrait de la plage, accès en voiture |
| Type de structure | Complexe couvert autonome | Module intégré à un parc multi-activités |
| Fréquentation historique | Plus de 200 000 visiteurs/an | Non communiquée à ce jour |
| Ouverture | 1985 – fermeture 2019 | À partir du 30 mai 2026 |
Des alternatives de loisirs à envisager en famille
En dehors de l’Aqua’Parc du Laby’Parc, les options de loisirs aquatiques restent limitées autour du Touquet. La côte d’Opale ne dispose pas d’un grand complexe couvert de substitution à proximité immédiate. Les familles se recentrent donc naturellement sur la plage elle-même, les sports nautiques encadrés et les animations estivales proposées par la station.
L’été 2026 s’annonce d’ailleurs riche en événements de plein air : la tournée des plages MAIF Sport Planète fait escale au Touquet, et un spectacle de drones lumineux est prévu le 12 août. Ces animations complètent l’offre balnéaire sans remplacer un équipement aquatique permanent, ce qui pousse certaines familles à envisager des séjours combinés ailleurs.
Pour varier les plaisirs sans multiplier les kilomètres, plusieurs pistes existent hors de la région. Certaines familles choisissent de coupler leur séjour avec une escapade culturelle, comme une découverte de Porto entre culture et détente, d’autres préfèrent une base de loisirs en pleine nature près de Cergy pour alterner baignade et activités de plein air. Les jours de pluie, direction les musées pensés pour les enfants peut aussi sauver une journée de vacances.
Quelques repères utiles pour préparer une sortie familiale au Touquet cet été :
- Réserver l’accès à l’Aqua’Parc du Laby’Parc à l’avance, l’option aquatique étant facturée en supplément du billet d’entrée principal.
- Prévoir un déplacement en voiture, le site n’étant plus accessible à pied depuis le front de mer comme l’était l’ancien Aqualud.
- Consulter le calendrier des animations de plage, notamment les événements sportifs et le spectacle de drones du 12 août.
- Envisager une alternative aquatique dans une autre région en cas de séjour prolongé, faute de grand complexe couvert sur la Côte d’Opale.
- Se renseigner localement sur l’avancée du dossier foncier de l’ancien site, dont l’évolution pourrait redessiner l’offre à moyen terme.